Récolement post-électoral des archives communales : obligations, enjeux et bonnes pratiques

28 Août, 2026
  1. Home
  2. /
  3. Paroles d’experts
  4. /
  5. Récolement post-électoral des archives communales : obligations, enjeux et bonnes pratiques

Bien plus qu’une formalité administrative, le récolement post-électoral constitue un moment clé dans la vie des collectivités. Obligation réglementaire souvent méconnue, cette opération est pourtant fondamentale pour sécuriser la passation entre exécutifs, protéger les documents publics et assurer la continuité administrative. Voici ce que vous devez savoir pour le mener efficacement.

 

Les archives communales appartiennent à la catégorie des archives publiques. Et donc à la collectivité. Le maire en assure la conservation et engage sa responsabilité civile et pénale. Le récolement post-électoral n’est pas une simple formalité. Il est imposé par l’arrêté du 31 décembre 1926 portant règlement des archives communales, et s’applique après chaque élection municipale, même lorsque le maire est reconduit dans ses fonctions.

Le Code du patrimoine rappelle également que les archives publiques concernent tous les documents produits ou reçus par une collectivité, quels que soient leur support ou leur date. Les documents numériques sont donc pleinement concernés.

 

Un état des lieux des documents de la collectivité

Concrètement, le récolement prend la forme d’un relevé des archives conservées dans la collectivité, accompagné d’un procès-verbal signé par l’élu sortant puis par l’élu entrant. L’objectif est de vérifier la présence des documents essentiels : registres des délibérations, arrêtés municipaux, registres d’état civil, documents cadastraux, budgets ou encore dossiers techniques et d’urbanisme. Le récolement doit aussi préciser l’état matériel des documents, leur lieu de conservation et les éventuelles lacunes constatées.

Lucie Derumaux

« Le procès-verbal de récolement est bien plus qu’un document administratif. C’est un acte juridique qui engage directement la responsabilité des élus. En cas de contentieux ou de contrôle, il constitue la référence opposable. Notre rôle est d’aider les collectivités à le produire de manière rigoureuse et complète. »

Lucie Derumaux – Directrice adjointe au Pôle Archives et Conseil

 

Une opération qui engage la responsabilité des élus

Le procès-verbal de récolement possède une portée juridique importante. Il constitue à la fois une décharge pour l’élu sortant et une prise en charge officielle des archives par le nouvel exécutif.

Il est obligatoirement rédigé en trois exemplaires : un est conservé par le maire sortant, un autre est versé aux archives de la commune et un dernier est transmis aux Archives départementales territorialement compétentes qui exercent le contrôle scientifique et technique sur les archives communales au nom de l’État.

Ce procès-verbal est accompagné d’une annexe qui répertorie l’ensemble des documents d’archives conservés en mairie. Il s’agit généralement d’une liste sommaire recensant les principaux documents conservés lorsque les archives de la commune ne sont pas répertoriées, où bien d’un relevé plus précis lorsque la commune a procédé au classement de ses archives.

En cas de disparition de documents, d’un contentieux ou d’un contrôle administratif, ce document peut servir de référence. L’Association des archivistes français (AAF) rappelle d’ailleurs que des dispositions pénales existent en cas de détournement ou de perte d’archives publiques. Le récolement devient donc un outil de sécurisation pour la collectivité comme pour les élus.

 

Les défis du terrain : fonds dispersés, archives incomplètes

Sur le terrain, le récolement peut rapidement devenir complexe. Dans les petites et moyennes collectivités, cette opération révèle souvent des fonds dispersés entre plusieurs services, des inventaires incomplets ou des archives accumulées depuis plusieurs mandats.

La règle d’or dans ces situations : ne pas vouloir tout reclasser dans l’urgence. La priorité est d’abord d’établir un état des lieux de l’existant, soit de repérer les documents existants tout en qualifiant leur nature, leur date et leur localisation avant d’envisager toute opération de classement ou de transfert.

L’accompagnement par un prestataire spécialisé permet d’objectiver rapidement cet état des lieux et de prioriser les actions à mener.
 

 

Le numérique : un périmètre désormais incontournable

Le récolement ne porte plus uniquement sur les archives papiers. La transformation numérique des collectivités a élargi considérablement le périmètre des documents à prendre en compte : serveurs, messageries électroniques, espaces collaboratifs, logiciels métiers, plateformes de dématérialisation…

Tous ces documents, produits ou reçus dans le cadre de l’exercice du mandat, constituent des archives publiques au sens du Code du patrimoine. Ils doivent être conservés et intégrés au récolement.

La CNIL rappelle par ailleurs que les collectivités ont l’obligation de garantir la sécurité, l’intégrité et la confidentialité des données qu’elles détiennent. La gestion des archives numériques implique donc une véritable gouvernance documentaire, avec des outils capables de centraliser les fonds, d’assurer leur traçabilité et de gérer leur cycle de vie de bout en bout.

Cette multiplication des supports rend indispensable la mise en place d’une véritable gouvernance documentaire, capable d’assurer la traçabilité et la conservation des informations sur l’ensemble de leur cycle de vie. Des solutions logicielles spécialisées de gestion documentaire et d’archivage permettent aujourd’hui de centraliser les fonds physiques et numériques, d’améliorer leur traçabilité et de faciliter les recherches lors des opérations de récolement ou de contrôle.

 

Au-delà du récolement : poser les bases d’une politique d’archivage durable

Au-delà de l’obligation réglementaire, le récolement peut devenir un véritable outil de pilotage. Il offre une vision globale des fonds conservés, facilite les recherches administratives et permet d’anticiper les besoins de traitement d’archives, de conservation ou numérisation de documents.

Cette démarche aide aussi les collectivités à structurer leur politique d’archivage et à mieux sécuriser leurs documents stratégiques. L’absence de récolement peut compliquer la transmission des responsabilités entre équipes municipales. Elle peut également rendre plus difficile la recherche de documents lors d’un contrôle administratif, d’un contentieux ou d’une demande d’accès à l’information. Dans certains cas, la disparition de documents essentiels n’est découverte que plusieurs années après le changement d’exécutif, ce qui rend leur reconstitution particulièrement complexe.

Dans un contexte de multiplication des données, de risques cyber croissants et d’exigences renforcées en matière de transparence, la maîtrise des archives publiques quel qu’en soit le support est plus que jamais un enjeu stratégique pour les collectivités.

 

Besoin d’un appui expert pour votre récolement post-électoral ?
AGS Records Management intervient auprès des collectivités de toutes tailles, contactez-nous pour évaluer vos besoins ensemble.
 
Contactez-nous

 

Les questions fréquentes sur le récolement post-électoral des archives communales

 

Qu’est-ce que le récolement post-électoral des archives ?

C’est une opération obligatoire qui consiste à vérifier la présence, l’état et la localisation des archives d’une commune après chaque élection municipale. Elle est formalisée par un procès-verbal signé par l’élu sortant et le nouvel élu.

Le récolement est-il obligatoire même si le maire est réélu ?

Oui. L’arrêté du 31 décembre 1926 impose un récolement après chaque élection municipale, sans exception, y compris lorsque le maire est reconduit dans ses fonctions.

Quels documents doivent être inclus dans le récolement ?

Tous les documents produits ou reçus par la collectivité : registres de délibérations, arrêtés municipaux, registres d’état civil, documents cadastraux, budgets, dossiers d’urbanisme, mais aussi les archives numériques (messageries, serveurs, logiciels métiers).

Que risque une collectivité en cas d’archives manquantes ou de récolement incomplet ?

Des sanctions pénales peuvent s’appliquer en cas de perte ou de détournement d’archives publiques. Par ailleurs, des documents introuvables peuvent fragiliser la collectivité en cas de contentieux ou de contrôle administratif.

Faut-il faire appel à un prestataire spécialisé pour le récolement ?

Ce n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé dans les collectivités sans service archives structuré. Un prestataire comme AGS Records Management permet d’obtenir rapidement un état des lieux fiable, de sécuriser les fonds et d’organiser les suites de l’opération (classement, transfert, archivage numérique).

This site is registered on wpml.org as a development site.